Sergent Guam N° 71

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Couverture : Antonio García Bartolomé (réédition de Rangers N° 83 - Août 1972)
Mensuel Octobre 1978 (132 pages) 2,50 F
Titre Série Scénariste Dessinateur Nbre de pages
Un secret pour deux Sergent Guam Eugenio Sotillos 60
"Le Plongeur" Histoire de la marine 5,50
Une douloureuse devise Article historique 0,40
Unité avancée Sergent Ironside Justin Long Salvatore Stizza 56
Battle Picture Library N° 356 - Juillet 1968 / Spear Force
Gardien de phare à l'île d'Ouessant Le saviez-vous ? 5,20
Loreta Velázquez (1842 - 1897) De tout un peu 0,80


Plus

Loreta Velázquez : le court article proposé par l'éditeur mérite un développement plus poussé. Il n'existe pas vraiment d'étude en français sur cette femme qui participa à la guerre de Sécession grimée en homme et qui fit aussi vaguement de l'espionnage pour les Confédérés. Les détails de sa biographie sont surtout issus de son livre "The Woman in Battle : A Narrative of the Exploits, Adventures, and travels of Madame Loreta Janeta Velázquez, Otherwise Known as Lieutenant Harry T. Buford, Confederate States Army" écrit pour élever son unique fils, sorti en 1876, très contesté par les historiens. Loreta Janeta Velázquez serait née le 26 juin 1842 à La Havane à Cuba, d'un père haut fonctionnaire aisé cubain du gouvernement espagnol, possédant des plantations au Mexique et à Cuba, et d'une mère d'ascendance française et américaine. La fortune de son paternel lui permet de voyager et de faire des études, mais, à l'âge de quatorze ans, le 5 avril 1856, elle s'enfuie avec un officier de l'armée américaine originaire du Texas. Elle l'épouse et le suit dans diverses garnisons militaires. Au déclenchement de la guerre de Sécession, Velázquez raconte que son mari démissionne de son poste dans l'armée américaine pour rejoindre l'armée confédérée. Elle le suit et il semble accepter sa lubie de s'habiller en uniforme masculin pour s'engager, mais il refuse qu'elle l'accompagne au front. Elle se procure alors deux uniformes, adopte le nom de Harry T. Buford et part dans l'Arkansas recruter 236 hommes en quatre jours, pour les emmener ensuite à Pensacola (Floride) et les présenter à son mari comme étant sa propre troupe. Ce dernier ne la dénonce pas, mais meurt peu après dans un accident alors qu'il faisait une démonstration de maniement d'armes à ses soldats.

Son identité n'étant pas divulguée, elle participe aux combats de la première bataille de Bul Run. Ensuite, elle reprend des vêtements féminins pour se rendre à Washington, où elle espionne pour le compte de la Confédération. À son retour dans le Sud, elle est affectée au corps des enquêteurs de l'armée. Elle part ensuite pour le Tennessee où elle porte de nouveau l'uniforme, et participe au siège de Fort Donelson jusqu'à la reddition. Elle est blessée au combat, mais son identité n'est pas découverte. Elle s'enfuit à La Nouvelle-Orléans, où elle est arrêtée, soupçonnée d'être une espionne de l'Union déguisée en homme. Disculpée, elle retrouve le bataillon qu'elle avait levé en Arkansas et prend part aux combats de Shiloh. Alors qu'elle enterrait les morts après la bataille, elle est blessée à la jambe par des éclats d'un obus perdu. Lorsque le médecin militaire qui l'examine découvre qu'elle est une femme, elle s'enfuit à nouveau vers La Nouvelle-Orléans, où elle abandonne son uniforme. Elle devient alors espionne confédérée le reste de la guerre, parcourant plusieurs états, et tente vainement de déclencher une révolte dans un camps de prisonniers de guerre.

Après la guerre, elle voyage en Europe avec son frère, ainsi qu'à travers l'Amérique du Sud et le sud des États-Unis, rencontre plusieurs hommes, en épouse certains, devient veuve avec un enfant en bas âge, et décide d'écrire son autobiographie, pavé de 600 pages, dont la préface précise qu'elle l'a écrit principalement pour gagner de l'argent afin de subvenir aux besoins de son enfant. Publiée en 1876, la véracité de son récit fut contestée presque immédiatement et continue de faire débat parmi les historiens. Certains estiment qu'il s'agit probablement d'une pure fiction, tandis que d'autres soutiennent que les détails du texte témoignent d'une connaissance de l'époque difficile à simuler entièrement. Après cette publication, elle semble avoir eu une activité publique et politique assez soutenue, s'impliquant notamment dans de vastes projets spéculatifs liés aux mines et à la construction de chemins de fer, pas toujours très nets, tout en exerçant des activités de journaliste et d'écrivain. On perd sa trace au Texas. Certaines sources donnent l'année 1897 comme étant celle de son décès, d'autres 1923.

La réalité de son vécu a été fortement remis en question en 2016 par l'historien américain William C. Davis, spécialiste de la guerre de Sécession. Pour en savoir plus, il existe un article Wikipedia (en anglais) sur Loreta Janeta Velázquez.


Une représentation de Loreta Janeta Velázquez
au féminin et au masculin

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  • Pak : création de la fiche